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Septembre 2017, appareil photo, sac à dos, départ de Rennes, via Strasbourg, la Suisse, l'Autriche, la Slovénie, la Serbie et la Bulgarie jusqu'à Varna, cité balnéaire bulgare au bord de la Mer Noire.

De Rennes je prends un Ouigo. Ce n'est pas un voyage mais une catapulte !

Plus haut, les quais de la gare de Strabourg, ci-dessus le hall.

3 ème jour. Départ le matin de la gare de Lucerne.

Changement à Zurich, direction Villach en Autriche à la frontière avec la Slovénie. Le train est lent, longe un grand lac surmonté de montagnes dont les rochers affleurent au fil de l'eau. Par la vitre le spectacle est apaisant. Les sons du train sont agréables. Devant moi, deux femmes parlent doucement en mangeant des cracottes suisses. Puis le train accélère car nous quittons le bord du lac. Je décide de descendre à Wörlg une petite gare entourée de montagnes plutôt que de continuer jusqu'à Salzbourg. Dans l'absolu je ne gagne pas de temps en faisant cela mais bénéficie de 24 minutes d'attente à Schwarzach im Pongau, un petit bourg auquel je pourrais jeter un oeil en passant.

Le train que je prends à Worlg ressemble à nos TER. Peu de monde, trois petits wagons seulement. Clim bien dosée. Bonne intuition : ce petit train serpente entre les montagnes autrichiennes. On s'arrête souvent mais le paysage est beau et je ne suis pas pressé. Petits villages typique, chalets à flanc de montagne, forêts de conifères. Pour être franc, au bout de quelques heures, je suis un peu las de ces fonds de vallées qui s'enchainent sans fin. Manque de perspective et de vision lointaine.

Quatrième jour. Départ de Villach à 12h53 pour Ljubljana (17€). Train assez vieux, compartiment à 6 sièges dont certains sont rapiécés. Je partage l'espace avec une femme croate d'environ 35-40 ans. On entame la discussion et je lui explique la nature de mon voyage. Son anglais est un peu meilleur que le mien mais nous sommes grosso modo dans les mêmes eaux ce qui fait que l'on se comprend. Le faible différentiel entre nos deux niveaux de langue favorise je crois la rencontre et sa durée. On pourrait peut-être en conclure que l'on se rencontre en voyage non par affinité mais par niveau linguistique correspondant !

Sixième jour. Je quitte Ljubljana direction Belgrade, capitale de la Serbie. Au début on traverse une vallée étroite, enserrée de flancs de collines très boisées. A la frontière croate, contrôle des passeports, ma carte d'identité suffit. Pincement au coeur en gare de Zagreb de ne pas m'arrêter visiter la ville. C'est la logique du pass Interrail qui pousse à avancer le plus loin possible le jour où on l'utilise. Mini angoisse à chaque contrôle des billets que le contrôleur, à la vue de mon bout de carton avec la date du jour inscrite à la main, éclate soudain de rire et me demande un vrai billet ! En Serbie, le train roule lentement. Le paysage tranche avec les contrées précédentes : des étendues plates de champs plus ou moins cultivés, des bosquets, des arbres isolés, quelques habitations éparses. Pour parachever ce tableau, il pleut. Un type en costard démodé, avec une tête de vieux malfrat entre dans le wagon. Il va tripoter son portable pendant des heures. Les gouttes de pluies qui dégoulinent le long des vitres me captivent.

Le voyage jusqu'à Belgrade me semble long. Sans doute la fatigue des premières nuits en dortoir accumulée. Furieuse envie d'une bassine de café et d'une cloppe géante.

Arrivée à Belgrade après 9h de train. Ici l'alphabet est cyrillique, on commence à voir des têtes un peu différentes (par leurs expressions) et l'architecture urbaine semble moins sous contrôle que dans nos villes (il faut rappeler aussi que Belgrade a souvent été bombardée). Très vite une pensée me traverse l'esprit : mon voyage commence vraiment maintenant. C'est vrai, Belgrade constitue déjà un début de dépaysement même si bien sûr on n'est pas dans la capitale d'un pays vraiment lointain ou exotique.

Huitième jour, départ de Belgrade direction Sofia en Bulgarie. C'est peut-être le train le plus vétuste depuis le début de mon voyage mais il reste convenable. Plusieurs étrangers sont présents dans le même wagon que moi : un allemand qui descendra à Nis (3ème ville de Serbie) pour faire de l'escalade, un australien aux traits asiatiques (père japonais, mère turque). J'ajoute qu'une jeune femme serbe brune parlant très bien anglais viendra également souvent discuter avec nous.

Train roule lentement. Lors d'un arrêt le contrôleur refuse que je le prenne en photo sur le quai (A Belgrade une femme m'avait également sêchement intimé de ne pas la prendre en photo). Paysages valonnés plus intéressants qu'à l'ouest de Belgrade. Alors que le train traverse une vallée montagneuse, la jeune femme serbe nous vante le Montenegro qu'elle considère comme le Canada de l'Europe pour les paysages. Et tout le monde se met à prendre des photos ou des vidéos... Je me dis qu'ils exagèrent, ce ne sont que des caillous ! Il est vrai que moi aussi je ne cesse de me lever pour prendre des photos depuis le départ, je leur ai peut-être transmis le virus. Voyage très sympa pour partie grâce à ces trois rencontres. Le train n'est jamais plein.

Arrivée à Sofia avec 2h de retard, il fait nuit.

Train pour Varna plutôt vieillot, équivalent à celui de Serbie. Au début le compartiment est peu rempli puis une belle femme en escarpins entre et s'assoit en face de moi. Un vendeur de journaux repasse dans le couloir pour la troisième fois. Une vieille femme avec un sac aux motifs fleuris bien callé derrière les mollets lit un polar. Le train part avec 5 mn de retard puis s'arrête au bout de 500m. Un type assez vieux entre avec un gros et lourd sac dans les bras, je l'aide à le monter puis il me parle en bulgare. Je lui répond en anglais. Il insiste en bulgare. Je m'énerve en espagnol : "no comprendo". Il se tait.

Paysage très agréable de semi-montagnes très boisées, on roule lentement, traverse de nombreux petits tunnels. Paysage de plus en plus jolis ; roches graniques. Toilettes anciens mais propres et spacieux. Le type au gros sac se lève de son siège, je l'aide à descendre son sac, il me dit "merciza". Un jeune bulgare entre. il va rester 2-3 heures. Nous allons échanger en anglais.

Le trajet n'est pas du tout ennuyeux, beaucoup de choses à voir. Le wagon est confortable puisque nous ne sommes que 3 dans le compartiment. Le jeune bulgare sort un gros livre vert. Je lis le nom de l'auteur transcrit du cyrillique : Stefan Tsanev. Le train s'arrête à une gare importante. 5 personnes entrent dans le compartiment, je monte mon sac pour libérer une place. Les 5 nouveaux sont plutôt de bonne humeur et ont de bonnes têtes. Ils ont entre 40 et 60 ans. le relief s'applatit. Je constate que le train cahote sur trois temps (tata tata silence tata tata silence...).

Finalement le compartiment se vide et entre un couple de vieux qui resteront jusqu'à la fin du voyage. Nous arriverons encore une fois de nuit, avec une bonne heure de retard.




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